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Bilan Mensuel de l'Activité Volcanique de la Soufrière de Guadeloupe et de la Sismicité Régionale

Observatoire Volcanologique de la Soufrière de Guadeloupe (IPGP)

No. 2000-11 - Novembre 2000

A - Activité Volcanique de la Soufrière de Guadeloupe

 

Niveau

D'Alerte

Actuel

Niveaux d'Alerte

Volcanique

Nature de l'Alerte

Délai possible avant une éruption

(à titre indicatif)

 

Activité enregistrée

Vert

Pas d'Alerte

Plusieurs années

Minimale - niveau de base

JAUNE

Jaune

Vigilance

Année (s)

En augmentation - variations de quelques paramètres

VIGILANCE

Orange

Pré-Alerte

mois -semaines

Fortement augmentée variations de nombreux paramètres -sismicité fréquemment ressentie

Depuis 1992

Rouge

Alerte

Imminente/ en cours

Sismicité volcanique intense, déformations majeures - explosions

1 . Sismicité Volcanique:

L’Observatoire a enregistré un faible niveau de sismicité volcanique en Novembre avec 5 séismes enregistrés,  localisés sous le massif de la Soufrière (total de 397 séismes depuis le 1/01/00). L’énergie dissipée reste  faible (magnitude maximale de 0.8). Aucun séisme d’origine volcanique n’a été ressenti par la population vivant sur les flancs de la Soufrière.

2 . Activité fumerollienne:

1) elle reste concentrée au Cratère Sud (CS) d’où émanent des gaz à forte pression, à une température de 99.0 à 106.2 °C, dont du sulfure d’hydrogène (H2S) en concentration significative, du chlorure d’hydrogène (HCl) qui forme un aérosol très  acide (pH= 0.57 le 13/11, 1.33  le 30/11), et des traces de dioxyde de soufre (SO2). Un petit lac d’eau bouillante (97.2 à 98.5°C), très acide (pH=  -0.42 le 13/11 et 0.32 le 30/11) et agité occupe le fond de l’évent sud (projections 1-2 m). L’extension des fumerolles (dégazage diffus à localement soutenu, points chauds, minéraux fumerolliens) persiste sur 5-30 m à l’est et sud-est du CS. Les parois Est du CS restent instables.

2) persistance d’un débit gazeux acide significatif et permanent au Cratère Tarissan qui est nettement audible et accompagné d’un flux de chaleur ressenti aux abords immédiats. Par beau temps, un panache de vapeur diffuse est visible au dessus du Tarissan depuis Basse-Terre/St-Claude à gauche du panache émanant du Cratère Sud.

3) émanation permanente variable de dioxyde de carbone au fond de la Fente du Nord.

4) Cratère Napoléon (Nord): persistance d’émanations diffuses et intermittentes de gaz sans pression.

3 . Principaux Risques et Nuisances:

Persistance dans les fumerolles sommitales d’une forte concentration de gouttelettes d’acide chlorhydrique (très corrosif, toxique), mélangé à des gaz soufrés. D’après le suivi ponctuel de l’Observatoire, l’acidité de la vapeur émanant du Cratère Sud et du lac diminue suite à des fortes pluies qui saturent les nappes phréatiques superficielles de la Soufrière.  L’intéraction entre les gaz volcaniques au cours de leur remontée vers la surface à travers le volcan et ces nappes phréatiques saturées est donc perturbée pendant quelques jours/semaines. L’acidité du panache de vapeur du Cratère Sud diminue (la valeur du pH augmente) pour reprendre ensuite des valeurs plus fortes (valeur du pH diminue).  Nous avions déja observé ce phénomène en novembre 1999 lors du passage du cyclone Lenny notamment et plusieurs fois en 2000.

Ceci présente toujours aux abords et sous le vent des fumerolles des risques de brûlures (yeux, peau), des risques pour les voies respiratoires et engendre la persistance du dépérissement de la végétation sur tous les flancs soumis aux émanations acides.

- L'activité fumerollienne et la sismicité annuelle non négligeable restent caractéristiques d'un volcan vivant en état de repos éruptif; elles ne sont pas associées, en dehors des fluctuations normales du niveau de base, à des variations majeures des autres paramètres du réseau de surveillance (déformations, physico-chimie des gaz et sources thermales). Cependant, il est nécessaire de rester vigilant.

- L'accès au sommet de la Soufrière reste fermé sur décision du Préfet depuis le 9 août 1999.

 

B Sismicité Régionale:

Le réseau sismique régional de l’IPGP (Obs. Volcanol. de la Soufrière et Obs. Volcanol. de la Montagne Pelée) a enregistré au cours du mois de Novembre  une activité sismique normale avec 48 séismes (magnitude maximalede  3.8) pour le réseau Guadeloupe (755 séismes depuis le 1 janvier 2000). La crise sismique qui avait débuté  le 27 octobre avec des épicentres localisés à environ 30-60 km au sud-est de Barbude s'est arrétée début novembre après avoir engendré  3 séismes ressentis entre le 27/10 et le 29/10 et plus de 70 répliques de magnitude inférieure à 4.0.

En Novembre 2000, 6 séismes (magnitude  maximale 1.7) ont été enregistrés par la station de l’Observatoire Volcanologique de la Soufrière située au nord de la Dominique.

C - Activité Volcanique de la région (Montserrat):

 

L’activité volcanique reste marquée par la production continue de lave en surface et donc la croissance et la destruction par effondrements et explosions successifs des divers dômes actifs. Les observations du Montserrat Volcano Observatory (MVO) indiquent que la croissance du nouveau dôme de lave qui a débuté après l’effondrement majeur du 20 mars 2000 se poursuit toujours à une vitesse modérée uniquement sur la partie Est du dôme.  En  Novembre cette croissance du dôme a été encore dominée par la formation répétitive de nombreuses aiguilles de lave visqueuse,  atteignant   plusieurs dizaines de m d'altitude et portant le sommet du dôme à 1085 m le 17/11, la valeur la plus haute mesurée depuis le début de l'éruption.  La sismicité volcanique reste donc particulièrement importante localisée à faible profondeur, avec de nombreux séismes caractéristiques d’une mise en pression du dôme.  Un total de 2214 séismes a été enregistré en Novembre par le réseau du MVO dont de nombreux séismes caractéristiques de petites explosions. Le dôme a été très instable en Novembre générant de très nombreux éboulements incandescents la nuit et de petites coulées pyroclastiques, principalement vers l’est dans la vallée de Tar River, mais aussi, fait nouveau depuis 1998, dans les vallée au NE jusqu'à une distance de 1 km, ainsi que dans la vallée de la White River au sud (particulièrement le 8/11, le 15/11, 17/11 et les jours suivants).  Celles-ci n'ont jamais atteint la mer.  Des coulées de boue ont été générées par de fortes pluies le 4/11 et le 8/11. De petits panaches de cendres ont  occasioné de légères retombées de cendres sur des zones habitées sans dépasser 3000 m d'altitude.  Le volume du dôme (estimé fin septembre à 50  millions de m3) reste significatif, légèrement supérieur au volume avant l’effondrement majeur du 20 mars 2000 qui avait occasioné de légères chutes de cendres en Guadeloupe. La croissance du dôme s’accompagne d’un dégazage important de vapeur d’eau, de dioxide de soufre, et d’acide chlorhydrique (aérosol). Le volcan et la zone dévastée restent toujours exposés à des phénomènes volcaniques particulièrement dangereux compte tenu de la croissance continue du dôme de lave. En effet, un effondrement important du dôme pourrait avoir lieu à tout moment générant des explosions et des écoulements pyroclastiques plus importants que ceux qu’on a pu observer depuis quelques mois, accompagnés de chutes de cendres localement voire dans la région. Sources: rapports hébdomadaires et trimestriel du MVO.

le 18 décembre 2000, Dr. Jean-Christophe KOMOROWSKI, Directeur et Responsable Scientifique

 

Les informations diffusées dans ce bilan ne peuvent être utilisées sans y faire référence.

Destinataires - diffusion large: Présidente du Conseil Régional de Guadeloupe; Président du Conseil Général de Guadeloupe; Président Association des Maires de Guadeloupe; Maires de St-Claude, Basse-Terre, Gourbeyre, Baillif, Vieux-Fort, Trois-Rivières, Capesterre Belle-Eau, Vieux-Habitants; Groupement Gendarmerie St Claude BOER ; Dir. du Parc National de Guadeloupe; Dir, Office National des Forêts ; Dir. Régional de l’Environement; Archives Départementales (Dépôt Légal); Bureau de la Recherche Scientifique de l’Université des Antilles et de la Guyane; Déléguée Régionale à la Recherche et à la Technologie; Rectorat de Guadeloupe; Off. Départemental de Tourisme; Off. du Tourisme de la Basse-Terre. Médias: France-Antilles; Sept Mag; AFP; Télé Guadeloupe (RFO); La Une TV / Radio; Canal 10; Eclair TV / Radio Basse-Terre; Radio Guadeloupe (RFO); RCI; Radyo Tanbou; Radyo Inter’Scool, St. Claude; Emeraude Multimédia ; Média Tropical (Paris). Pour information et diffusion interne dans les services: Préfet de la région Guadeloupe; Dir. de Cabinet, Préfecture; Chef Service Interministériel de Défense et Protection Civile, Préfecture; C. Jaupart, Dir. Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP); Dir. Institut National des Sciences de l’Univers (INSU); Y. Caristan, Président du CSERV;  P. Tapponnier, Dir. Dépt. des Observatoires (IPGP); J-L Cheminée, Dir. Observatoires Volcanologique (IPGP); J-P Viodé, Dir. Obs. Volcanol. de la Montagne Pelée (IPGP); T. Staudacher, Dir. Obs. Volcanol. Piton de la Fournaise (IPGP) ; Réunion; http://volcano.ipgp.jussieu.fr:8080/guadeloupe/Infos.htm; Montserrat Volcano Observatory (MVO); Météo France Guadeloupe; Archipel des Sciences ; DDE-Basse-Terre Cellule Prévention des Risques et Qualité de la Construction; SDIS Guadeloupe; BRGM Guadeloupe; PM Sarant, prevention@prevention2000.org ; M. Gustave, Coordonateur Risques Majeurs Académie de Guadeloupe; C.P. Shillingford, National Disaster Coordinator, Commonwealth of Dominica; Seismic Research Unit, Univ. West Indies, Trinidad; Caribbean Disaster emergency Response Agency (CEDERA); J Faye, Chef du Bureau de l’information et de la coordination interministérielle, sous-direction de la prévention des risques majeurs, Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement.