A - Activité Volcanique de la Soufrière de Guadeloupe

 

Niveau

D’Alerte

Actuel

 

Niveaux d’Alerte

Volcanique

Nature de l’Alerte

Délai possible avant une éruption

(à titre indicatif)

 

Activité enregistrée

   

Vert

Pas d’Alerte

Plusieurs années

Minimale - niveau de base

JAUNE

 

Jaune

Vigilance

Année (s)

En augmentation - variations de quelques paramètres

VIGILANCE

 

Orange

Pré-Alerte

mois -semaines

Fortement augmentée – variations de nombreux paramètres -sismicité fréquemment ressentie

Depuis 1992

 

Rouge

Alerte

Imminente/ en cours

Sismicité volcanique intense, déformations majeures - explosions

 

1 . Sismicite Volcanique: L’Observatoire a enregistré une sismicité volcanique relativement faible en mai avec 19 séismes volcaniques de magnitude supérieure à 0,1 dont 1 séisme de magnitude supérieure à 1.1 (pour un total de 64 séismes depuis le 1/01/00) localisés entre 0 et 3000 m sous le dôme de la Soufrière. Aucun séisme n’a été ressenti par la population vivant sur les flancs du volcan.

 

2 . Activite fumerollienne: 1) elle reste concentrée au Cratère Sud (CS) d’où émanent des gaz à forte pression et à une température de 97.8 – 105.8°C dont du sulfure d’hydrogène (H2S) en concentration significative, du chlorure d’hydrogène (HCl) qui forme un aérosol et des traces de dioxyde de soufre (SO2). Un petit lac d’eau bouillante extrêmement acide et agité (le 10/05 pH= 0.02) occupe le fond de l’évent sud projettant de l’eau sur 2-5 m. L’extension des fumerolles (émanations diffuses de gaz, points chauds, minérauxs fumerolliens dont du soufre) persiste sur 5 à 30 m à l’est du CS. Les parois Est du Cratère Sud (Nord) restent instables.

2) persistance d’un débit gazeux acide significatif et permanent au Cratère Tarissan qui est nettement audible et accompagné d’un flux de chaleur ressenti aux abords immédiats. Par beau temps, un panache de vapeur diffuse est désormais clairement visible au dessus du Tarissan depuis Basse-Terre et St-Claude en plus du panache habituel émanant du Cratère Sud.

3) émanation permanente variable de dioxyde de carbone au fond de la Fente du Nord (voir détail, bilan juillet).

4) Cratère Napoléon (Nord) : persistance d’émanations diffuses et intermittentes de gaz sans pression depuis la réactivation en fév. 2000

 

3 . Principaux Risques et Nuisances: Persistance dans les fumerolles sommitales d’une forte et stable concentration en gouttelettes d’acide chlorhydrique (corrosif, toxique), mélangé à des gaz soufrés (sulfure d’hydrogène, traces de dioxide de soufre). D’après le suivi ponctuel de l’Observatoire la vapeur émanant du Cratère Sud reste très acide (pH=0.85 le 10/05; 0.33 le 18/05; 0.36 le 25/05). Après le câble en acier inoxidable de la barrière du Cratère Sud qui a été totalement attaqué par les émanations acides au point de se casser en avril 2000, ce sont les cordages en nylon qui se sont rompus au Cratère Sud.

Ceci présente toujours aux abords et sous le vent des fumerolles des risques de brûlures (yeux, peau), des risques pour les voies respiratoires et engendre la persistance du dépérissement de la végétation sur tous les flancs soumis aux émanations acides.

- L’activité fumerollienne et la sismicité annuelle non négligeable restent caractéristiques d’un volcan vivant en état de repos éruptif; elles ne sont pas associées, en dehors des fluctuations du niveau de base, à des variations majeures des autres paramètres du réseau de surveillance (déformations, physico-chimie des gaz et sources thermales). Cependant, il est nécessaire de rester vigilant.

- L’accès au sommet de la Soufrière reste fermé sur décision du Préfet.

 

4 . Informations Diverses sur la Soufrière: Les équipes de l’Observatoire Volcanologique et de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) avec le soutien logistique du SDIS (Caserne de pompiers de Desmarais à Basse terre), du Parc National de la Guadeloupe, et du Commandement Militaire de la Guadeloupe ont procédé en mai à plusieurs interventions lourdes sur la Soufrière en vue d’améliorer la surveillance du volcan dans les domaines de la déformation, de la météorologie, et de la chimie des gaz. En effet depuis le 13 mai, deux station GPS installées au sommet de la Soufrière et au Houëlmont (Observatoire) permettent d’enregistrer de manière continue à l’aide des satellites la position précise de ces deux sites dans le but de détecter d’éventuelles déformations du volcan. Une station météorologique complète et automatique mesure depuis le 14 mai toutes les minutes la température sous abri, la pression barométrique, l’hygrométrie, la vitesse et la direction du vent, l’irradiation, et la précipitation. Les données de ces 3 nouvelles stations sont transmisses plusieurs fois par jour vers l’Observatoire ou elles seont traitées et mise à disposition vers l’IPGP qui assurera les calculs et interprétations plus fines. Une collaboration entre l’Observatoire et Météo France permettra une validation et un échange des données météorologiques. Un dispositif de prélèvement des gaz acides qui émanent sous pression et à des températures supérieures à 100 °C a été installé dans le Cratère Sud (zone Nord) afin de mieux surveiller l’évolution de la chimie et température de la fumerolle principale, responsable depuis fin 1997 d’une production importante d’acide chlorhydrique (voir plus haut).

 

B – Sismicite Regionale:

Le réseau sismique régional de l’IPGP (Obs. Volcanol. de la Soufrière et Obs. Volcanol. de la Montagne Pelée) a enregistré au cours du mois de mai une activité sismique faible avec 18 séismes pour le réseau Guadeloupe (444 séismes depuis le 1 janvier 2000). Aucun séisme n’a été ressenti par la population en Guadeloupe.

 

Comme par le passé, à la demande des autorités de la Dominique et en partenariat avec le Seismic Research Unit de l’Université de West indies de Trinidad (responsable de la surveillance volcanique et sismique en Dominique) une mission de routine a été réalisée par l’Observatoire Volcanologique en mai pour l’échantillonnage des fumerolles et des sources chaudes du sud de la Dominique. En mai 2000, 4 séismes de faible magnitude ont été enregistrés par la station de l’Observatoire Volcanologique de la Soufrière située au nord de la Dominique. Le 18 mai, un séisme d’une magnitude de 2.7 a été ressenti dans la région de Scott’s Head au sud de la Dominique et enregistré entre autre par le réseau sismique régional de l’IPGP.

 

C - Activité Volcanique de la region (Montserrat):

L’activité volcanique reste marquée par la production continue de lave en surface et donc la croissance et la destruction par effondrements et explosions successifs des divers dômes actifs. Les observations du Montserrat Volcano Observatory (MVO) indiquent que la croissance du nouveau dôme de lave qui a débuté en mars 2000 se poursuit avec des points de sortie allant du Nord-Est à l’Ouest. Elle a engendré une forte augmentation de la sismicité volcanique, qui reste localisée à faible profondeur. Plusieurs milliers de séismes ont été enregistrés par la station du MVO reçue à l’Observatoire en Guadeloupe. Le dôme a été très instable en mai générant de très nombreux éboulements et de petites coulées pyroclastiques. Un effondrement plus important de plusieurs milliers de m3 de matériaux a eu lieu le 6 mai générant des coulées pyroclastiques jusqu’en mer à l’Est et un panache de cendre atteignant 3000 m. D’après le MVO, la croissance du dôme s’accompagne toujours de périodes d’émission verticales de gaz riches en vapeur d’eau, dioxide de soufre et de cendres particulièrement lors des périodes d’intense sismicité ce qui a engendré localement de légères retombées de cendres. En revanche le réseau de surveillance du MVO n’enregistre pas de changement significatif dans le style et l’ampleur des déformations associée à la croissance du dôme. Le volcan et la zone dévastée restent toujours exposés à des phénomènes volcaniques particulièrement dangereux compte tenu de la croissance continue de ce dôme de lave pouvant générer dans le futur des explosions et des écoulements pyroclastiques accompagnés de cendres susceptibles d’affecter les zones proches tout comme la région en fonction des vents dominants.

le 15 juin 2000, Dr. Jean-Christophe KOMOROWSKI, Directeur et Responsable Scientifique

 

Les informations diffusées dans ce bilan ne peuvent être utilisées sans y faire référence.

Destinataires - diffusion large: Présidente du Conseil Régional de Guadeloupe; Président du Conseil Général de Guadeloupe; Président Association des Maires de Guadeloupe; Maires de St-Claude, Basse-Terre, Gourbeyre, Baillif, Vieux-Fort, Trois-Rivières, Capesterre Belle-Eau, Vieux-Habitants; Groupement Gendarmerie St Claude BOER ; Dir, du Parc National de Guadeloupe; Dir, Office National des Forêts, Dir, Régional de l’Environement; Archives Départementales; Bureau de la Recherche Scientifique de l’Université des Antilles et de la Guyane; Déléguée Régionale à la Recherche et à la Technologie; Rectorat de Guadeloupe. Médias: France-Antilles; Sept Mag; AFP; Télé Guadeloupe (RFO); La Une TV / Radio; Canal 10; Eclair TV / Radio Basse-Terre; Radio Guadeloupe (RFO); RCI, Radyo Tanbou, Radyo Inter’Scool, St. Claude, Média Tropical (Paris). Pour information et diffusion interne dans les services: Préfet de la région Guadeloupe; Dir, de Cabinet, Préfecture; Chef Service Interministériel de Défense et Protection Civile, Préfecture; C. Jaupart, Dir. Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP); J-F Minster, Dir. Institut National des Sciences de l’Univers (INSU); Y, Caristan, Président du CSERV;  P. Tapponnier, Dir. Dépt. des Observatoires (IPGP); J-L Cheminée, Dir. Observatoires Volcanologique (IPGP); J-P Viodé, Dir. Obs. Volcanol. de la Montagne Pelée (IPGP); T. Staudacher, Dir. Obs. Volcanol. Piton de la Fournaise (IPGP) ; Réunion; http://volcano.ipgp.jussieu.fr:8080/guadeloupe/Infos.htm; Montserrat Volcano Observatory (MVO); Météo France Guadeloupe; Archipel des Sciences ; DDE-Basse-Terre Cellule Risque Sismique; SDIS Guadeloupe ; BRGM Guadeloupe; C.P. Shillingford, National Disaster Coordinator, Commonwealth of Dominica ; Seismic Research Unit, Univ. West Indies, Trinidad; Caribbean Disaster emergency Response Agency (CEDERA) ; J Faye, Chef du Bureau de l’information et de la coordination interministérielle, sous-direction de la prévention des risques majeurs, Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement.